Nouveau groupe, nouveaux repères : 6 façons de soutenir le langage pendant la transition
La rentrée à la garderie vient souvent avec son lot de changements. Et parfois, même quand l’enfant connaît déjà très bien sa garderie, il doit quand même s’adapter à un nouveau groupe, une nouvelle éducatrice, de nouveaux amis et de nouvelles habitudes.
Ça fait beaucoup de nouveautés pour un tout-petit!
Pendant cette période, certains enfants vont parler énormément de leur nouveau groupe, alors que d’autres seront plus tranquilles ou auront besoin d’un peu de temps avant de retrouver leurs repères. Et c’est bien correct comme ça.
Le langage peut toutefois être un bel allié pour accompagner cette transition. Pas besoin de transformer chaque moment en activité éducative! Quelques petits réflexes au quotidien peuvent déjà faire une différence.
1. Profiter des routines
Les routines sont rassurantes parce qu’elles reviennent encore et encore. Pour le langage, c’est aussi une petite mine d’or!
Le lavage des mains, la collation, l’habillage, le rangement, la sieste… tous ces moments permettent d’utiliser les mêmes mots dans un contexte qui a du sens pour l’enfant.
On peut simplement raconter ce qui se passe :
« On enlève les souliers. »
« C’est l’heure de la collation! »
« Après, on va jouer dehors. »
À force d’entendre ces mots dans les mêmes situations, l’enfant peut tranquillement mieux les comprendre et éventuellement les utiliser lui-même.
2. Dire ce qui s’en vient
Passer d’une activité à une autre n’est pas toujours facile, surtout quand tout est nouveau.
Quelques mots peuvent aider l’enfant à savoir ce qui l’attend :
« Encore une glissade et après, on rentre. »
« On range les jouets, puis on va manger. »
« Après la sieste, papa vient te chercher. »
On peut aussi accompagner nos paroles d’un geste, montrer un objet ou utiliser une petite image. L’idée n’est pas de tout expliquer longtemps, mais simplement de donner à l’enfant quelques repères.
3. Mettre des mots sur ce qu’il peut ressentir
Un nouveau groupe peut amener toutes sortes d’émotions : de l’excitation, de la gêne, de la joie, de l’inquiétude…
Et les tout-petits n’ont pas toujours les mots pour nous dire exactement ce qui se passe à l’intérieur.
On peut les aider en mettant doucement des mots sur ce qu’on observe :
« Tu regardes les nouveaux amis. »
« Oh, tu as un grand sourire! Tu es content de la voir! »
« Tu voulais encore rester avec maman ce matin. C’était difficile de lui dire bye-bye. »
L’enfant n’a pas besoin de répéter les mots ni de nous répondre. On lui offre simplement du vocabulaire qui pourra, petit à petit, l’aider à mieux comprendre et exprimer ce qu’il vit.
4. Poser un peu moins de questions… et commenter davantage
On veut tellement faire parler les enfants qu’on tombe facilement dans une série de questions :
« Tu fais quoi? »
« C’est quoi ça? »
« Avec qui tu joues? »
« De quelle couleur est ton camion? »
Bien sûr, les questions ont leur place. Mais on peut aussi laisser un peu d’espace et simplement commenter ce que l’enfant fait.
« Wow, ton camion va vite! »
« Tu as mis le bébé dans son lit. Il fait dodo. »
« Oh! Ta tour est vraiment haute! »
Ça permet à l’enfant d’entendre de nouveaux mots et de nouvelles phrases sans avoir constamment l'impression qu'il doit trouver la bonne réponse.
5. Sortir les photos
Les photos peuvent être vraiment pratiques pendant un changement de groupe.
Une photo de la nouvelle éducatrice, des amis, du local ou même des différents moments de la journée peut devenir un bon point de départ pour jaser.
Et ça fonctionne aussi à la maison!
Au lieu du fameux :
« Qu’est-ce que tu as fait à la garderie aujourd’hui? »
… qui reçoit parfois un très convaincant « rien! » 😅
On peut regarder une photo et commenter :
« Ah! C’est ton nouveau local! Je vois le coin des blocs. »
Puis on laisse la conversation aller où elle veut. L’enfant pointera peut-être quelque chose, dira un mot, racontera une petite anecdote… ou pas. Ce n’est pas grave.
6. Ajouter un petit quelque chose à ce que l’enfant dit
Pas besoin de demander à l’enfant de répéter une phrase plus longue. On peut plutôt partir de ce qu’il dit déjà et ajouter naturellement quelques mots.
S’il dit :
« Camion! »
On peut répondre :
« Oui! Le gros camion roule! »
S’il dit :
« Léa dehors. »
On peut ajouter :
« Oui, Léa joue dehors avec toi! »
S’il dit :
« Encore jus. »
On peut répondre :
« Tu veux encore du jus. »
C’est tout simple, mais très efficace. L’enfant entend ainsi des modèles de phrases un peu plus complets, directement liés à ce qu’il voulait nous communiquer.
Et surtout… lui laisser le temps
Chaque enfant réagit à sa façon aux changements. Certains entrent dans leur nouveau groupe comme s’ils y avaient toujours été. D’autres préfèrent observer pendant quelques jours ou quelques semaines avant de prendre davantage leur place.
Il n’est donc pas nécessaire de profiter du changement de groupe pour en faire plus côté langage.
Au contraire.
On peut simplement parler avec l’enfant, suivre ce qui l’intéresse, mettre des mots sur ce qu’il vit et lui laisser de l’espace pour communiquer à sa façon.
Parce qu’au fond, avant d’avoir envie de raconter, de poser des questions et de jaser avec les autres, un enfant a aussi besoin de se sentir bien dans son nouveau petit monde.
